Je vous ai expédié hier tout ce que j'ai de S. Brandan, c'est un saint plus connu dans la littérature que dans le culte, je crois.[1]
De S. Vivin[2] je ne trouve pas même le nom, et je suis réduit à vous envoyer ci-contre mes conjectures sur la signification et l'origine du mot ou des mots qui le désignent.[3] Peut-être réussirez vous à y trouver une piste.[4]
Je regrette que les observations critiques aient paru à un moment si inoportun![5] Il n'y a nulle intention maligne, j'en suis sûr; au contraire. Mais nous avons à faire à une nouvelle école de flamands, plutôt de Hollandais, issus de l'université de Gand, qui prétendent que nul n'est capable d'écrire, et surtout d'enseigner le flamand, qu'eux et leurs amis, libre penseurs Franc-p2maçons etc., que surtout le clergé est incapable. Ils veulent introduire et rendre goekoop chez nous, faire lire et aimer tout ce qui se publie en Hollande et détruire, vilipender[6] tout ce qui ne date pas de la réforme et n'a pas subi son influence. Je pense que Mr. Craeynest a voulu rendre service à des amis et leur être utile. Il vous est peut-être impossible de savoir la haine que ces Néo-Hollandais portent à tout ce qu'il y a, en fait de flamand, de bon, de pieux et de saint. C'est à eux que je dois l'honneur de n'avoir pas remporté le prix de 5000 fr. qui a été donné à une très détestable romancière.[7] Tout ce qui dans mes poésies touche, de loin ou de près, au bon Dieu, ils traitent cela de klatergoud, beuzelingen, etc. Le Roman couronné peut se résumer en ces mots crescite et multiplicamini.[8]
[9]Le nom Germain niuhard, latinisé niuhardus, nivhardus, (niu nouveau, hard fort : très neuf, très jeune, neanias, neaniscos[10]) peut fournir, en se divisant, deux noms, deux petits noms, deux kepnamen[11] , nomina hypocoristica, au même enfant: nijv et hard. Ainsi un enfant dont le nom est Fréderic s’entendra appeler, en Flamand, tantôt Fré, tantôt Rijk, Fréetje, Rijkske. Les choses se passaient autrefois de la même façon. Les gens portant le nom de Nijvhard s’appelaient, tantot Nijv, tantot Hard; Nijfke, Hardje; où, selon les formes diminutives du moyen age , tantôt Nivijn et tantôt Hardijn. Le fils à Hardijn s’appelait Hardijns, nom qui existe à Gand. Le peuple peut avoir nommé son cher S. Nivhard Sente Nivijn, tout comme on dit Sent Antheuneke Sente Anneke, etc. comparez Bartholomaeus, dont Bartels (1e moitié du nom) et Meeuws (2e moitié du nom).
De nivijn le Francais ferait nivin, le latin nivinus, nivianus; d’ou de nouveau en Flamand niviaen. tournez s’il vous plaîtp4Si le latin nix (neige) avait un dérivé Nivianus, au lieu de niveus, nivalis, nivarius, nivatus, nivosus; de Nivianus on aurait en Français une forme possible Nivain, (Nivin?) comme de Portianus on a Porçain (Porcin?) Voy. Ménage, Table du Vocabulaire Hagiologique, 1e vol. de son Dictionre Etymolque de la langue Française, in voce; mais Nivianus ne se trouve pas.[12]
Le Flamand remplace quelquefois l par n, même l initial, surtout dans les mots étrangers; p.e. Alcove devient ankove (Idioticon Schuermans); eemalig devient eemanig (Idioticon De Bo); moi-même j’ai entendu et noté bulsteren, devenir bunsteren; buffelen kulder (juste-au- corps en peau de buffle) devenir buffene kulder; et (l initial) “‘K en kan hem niet ge-luchten” (voir) devenir “‘K en kan hem niet ge-nuchten.” Il est linguistiquement possible qu’on ait dit Nivijn pour Livijn (Liebwin; latinisé Livinus). Voilà 3 explications, plus ou moins possibles, du nom Nivin, Niviaen.







