Hé bien voyons!
Une susceptibilité, que vous avouez; delà, renoncer à votre heure habituelle sans craindre aucune susceptibilité de ma part.
De la, venir le soir, quand on est encombré, fatigué etc. venir répondre a une question que le confesseur croit utile de faire et qu'il fait poliment, répondre: Je ne vous le dirai pas. Et après cela il faudrait qu'on soit tout miel, tout sucre!
Ah, si je pouvais, avec un peu de ce que vous appelez si charitablement du fiel, vous guérir de vos susceptibilités, j'en serais fort aise C'est la cause de tout le mal. Ce serait fort bien s'il n'y avait que vous pour avoir des susceptibilités. Vous aurez tantot une nouvelle servante. Voulez vous qu'elle reste, gardez votre place vis-à vis p2d'elle et qu'elle garde sa place vis à vis de vous. Soyez sa maitresse, et non sa mere, ni son amie. Sans cela vous arriverez, apres trop d'amitie et trop de sentiment à voir que vous vous serez mise à son niveau; il y aura (comme entre égaux) des susceptibilités, de votre part ou de la sienne; vous vous bouderez vous et votre servante comme des amants (ou des amantes) se boudent. Et voilà!
Profitez de vos fautes et sortez de cette impasse, comme on sort d'une impasse, en rebroussant chemin;[1] imposez une honorable reculade à votre (tout au moins) ridicule et soi-disant fierté. Que votre future servante ne voie jamais vos susceptibilités, vos désespoirs et le reste, sans quoi vous aurez du mal avec celle comme avec les autres.
J'ai remis à ce matin la lecture de votre lettre, prévoyant qu'elle ne contenait rien d'agreable p3pour moi et sachant par experience deja longue combien je suis, bien malgré moi, sensible, surtout la nuit, quand ceux que j'aime ont la maladresse de me blesser, même sans le vouloir ou le savoir quelquefois.
Voyons! Profitez de vos fautes et des miennes et soyez sage. Dommage et fort dommage avant tout si a propos de cela vous vous priviez ne fut ce que d'une seule communion.







