Je vous remercie de votre bonne et affectueuse lettre.[1] Pas n’était besoin de me dire que vous ferez une bonne traduction;[2] vous possédez à fond l’anglais et vous connaissez le génie de la langue, j’estime que nul mieux que vous, – cela soit dit sans flatterie, – ne pourrait s’acquitter de la tâche, assumée à ma demande.
Nous pourrons faire un bon travail. J’ai receuilli, pour ma part, bon nombre de notes, et de documents, qui complèteront l’oeuvre de Jacques Long. Pas plus tard que cette semaine, je recevais de Nieuport, par l’entreprise de M. le Vicaire Van Eecke, la copie (8 pp. petit in folio)[3] de la requête adressée à Joseph II par le Magistrat de Nieuport, pour la conservation de la Chartreuse de cette ville. C’est un plaidoyer en règle, et un document magnifique.
J’ai à ma disposition les deux éditions du Monasticon Anglicanum, qui renferme des documents importants sur Shene. Enfin, je butine ça-et-là, et les trouvailles faites et à faire donneront, je l’espère, de l’intérêt à notre publication, déjà si intéressante par elle-même. Je ne parviens pas à mettre la main sur les archives du monastère; si mes renseignements sont exacts, elles ont été brûlées, il y a quelques années, par un fermier inintelligent, qui les avait en dépôt. Je suis à la recherche de Tyburn.[4]
Votre projet de publication du texte anglais est chose excellente en soi, mais plusieurs obstacles s’opposent à la réalisation de ce projet.[5]
1) La Société d’Emulation, qui publiera notre travail,p2n’accepterait certainement pas ce texte dans ses Annales, cela sortant complètement de ses habitudes.
2) Le Révérend Père Morris, tout en m’accordant l’autorisation de publier une traduction française, s’est réservé le droit d’éditer, dans un avenir plus ou moins rapproché, le manuscrit intégral de Long. Cette condition, que j’ai acceptée, nous empêche de publier le texte original.
3) Que faire, dans le cas de publication du texte, de la préface et des notes, écrites en français? Les traduire aussi? Mais cela ferait deux travaux au lieu d’un.
Tenons-nous donc au français. Cela ne doit vous empêcher nullement de donner, au bas des pages, quand vous le jugerez à propos, des citations plus ou moins longues du travail de Long.
Nous causerons de tout cela, à tête reposée, lors de notre première entrevue.







