Merci pour votre aimable billet et pour toutes les peines que vous vous donnez aux fins de réunir tout ce qui se rattache à la splendide fête, célébrée en votre honneur.[1] Ce recueil sera bien précieux et je le garderai avec une légitime fierté. J'apprends de toutes parts que la fête a dépassé les espérances de vos amis les plus optimistes; elle a eu dans tout le pays flamand un long retentissement. Cette fête, vous la méritiez, et quoique vous soyez ennemi juré de la mise en scène, je suis persuadé que vous avez été satisfait.
J'ai bien reçu le catalogue Wittouck,[2] que vous m'avez transmis, et je l'ai examiné. Je trouve, Ami, que vous exagérez quelque peu la valeur de cette collection, qui, permettez-moi de le dire, n’a pas été réunie par un homme de goût. Il y a là certes de bons livres, mais de cesp2livres qu'on rencontre dans tous les catalogues, et qui ne se vendront pas aussi cher que la famille semble le croire. Je possède d'ailleurs tout ce qui offre quelque intérêt dans le catalogue; à mon point de vue, bien entendu, c'est-à-dire, sous le rapport historique et liturgique. Vous savez du reste qu'on ne paie jamais plus cher qu'en achetant de la main à la main; les intéressés regardent comme des trésors tout qu'ils veulent céder et fixent les prix à l'avenant. Je vous retournerai l'un de ces jours, avec bien des remercîments pour la communication que vous avez daigné m'en faire, le MS. du catalogue Wittouck.
J'allais fermer ma lettre, quand je reçois votre envoi si riche, si complet, si intéressant. Merci, mille fois! Que j'aurai du plaisir à lire tout cela à tête reposée et à en faire en suite un joli recueil. Encore une fois et du plus grand cœur, merci!
Quoique vous soyez académicien, et dès lors grand homme, homme à couler plus tard en bronze, j'espère que vous ne mépriserez pas, le cas échéant, les fonds bas et marécageux, où j'habite. On y reçoit toujoursp3si volontiers les vieux amis. N'est-ce pas, que j'ai été bien inspiré, en vous détournant de demander l'autorisation d'accepter la place, que vous méritez, à tant de titres? Tout le monde, les grands bonnets les premiers, sont heureux de vous voir où vous êtes, et votre situation est tout à fait correcte.







