J’ai lu et relu, avec toute l’attention que la chose comporte, la lettre où vous m’exposez la situation pénible, faite par les circonstances à vos chères Sœurs de l’Enfant Jésus.[1] Cette situation, je la comprends, et j’y compatis; formées par leur saint état au travail et au dévouement, les Sœurs souffrent de l’inaction, dans laquelle elles sont forcées de vivre, et aspirent à en sortir.
Le moyen que vous proposez, pour mettre fin à cette situation fâcheuse, me paraît bon savoir de donner l’éducation à quelques jeunes orphelines de France. Je souligne à dessein les mots de France, parce qu’il devrait être bien entendu qu’en aucun cas, et pour aucun motif, les Sœurs ne pourraient se charger de l’éducation d’orphelines de Courtrai ou d’autres localités du pays. Le motif en saute aux yeux; en agissantp2autrement, les Sœurs auraient l’air de faire la concurrence aux établissements similaires de la ville et des environs, ce qui provoquerait des tiraillements et engendrerait des difficultés.
Les Sœurs ont-elles besoin de demander l’autorisation de Mgr l’Evêque, pour se consacrer à cette œuvre nouvelle? Salvo meliori,[2] je ne le crois pas, pourvu bien entendu que les Sœurs s’occupent tout doucement et sans bruit de cette petite besogne, se contentant d’élever chrétiennement les quelques orphelines françaises, que la R. Mère Supérieure générale voudrait bien leur confier. Cette appréciation, vous le comprenez, est toute personnelle, et si vous jugiez plus opportun d’abriter la détermination des Sœurs sous l’approbation épiscopale, je ne voudrais, en aucune façon, vous déconseiller le recours à Sa Grandeur. Mgr l’Evêque serait le premier, j’en suis persuadé, à conseiller aux Sœurs de s’engager dans cette voie nouvelle.







