J’attendais une lettre de votre part, et je l’attendais avec impatience; il me tardait de connaître l’effet qu’avaient produit sur vous les deux lettres expédiées la semaine dernière.[1] Dieu soit loué! vous êtes content, vous êtes heureux et on l’est autour de vous.[2]
Votre nomination de Directeur n’a sonné lieu ici, pas plus qu’à Courtrai, à aucune interprétation fâcheuse. On y a vu un désir, manifesté par vous, de passer le reste de votre vie – qui sera longue encore, je l’espère – dans une retraite studieuse et honorable. Tous les gens sensés approuvent votre détermination.[3]
La conservation de tous vos pouvoirs, ad revocationem usque,[4] doit vous avoir fait plaisir;[5] c’est là une faveur tout-à-fait exceptionnelle, qui vous dit assez l’estime que Mgr l’Evêque professe pour vous.
Je m’estime heureux d’avoir pu contribuer, pour une petite part, à votre bonheur.p2Ce bonheur, je ne l’aurai probablement jamais. Il me faudra être chevalier de plume et d’écritoire, jusqu’au jour où mes mains ne pourront plus tremper la plume dans son encrier.[6] Que la volonté de Dieu soit faite toujours et en tout! Après-demain, il y aura 31 ans qu’agenouillé aux pieds de mon Evêque, je répondais à sa demande par un solennel promitto de respect et d’obéissance.[7] J’ai toujours obéi jusqu’à ce jour; je veux mourir en prêtre obéissant. Priez pour moi, je prie pour vous.
Grand merci pour la jolie petite perle, qui accompagnait votre bonne missive.[8]







