Je me suis empressé de donner lecture de votre lettre d’hier à Mgr l’Evêque; Sa Grandeur sera heureuse de recevoir Mr Camille Vercruysse,[1] tel jour de la semaine prochaine (commençant le 28 ct), qui arrange le mieux ce dernier. Toutes les lettres du monde ne valent pas un entretien oral.
Je remets ce soir à Mr Eugène Vandamme un pli à votre adresse, contenant ce qui vous appartient, avec explications à l’appui.[2]
Je continue ma lettre, interrompue hier. J’allais oublier de vous dire, que rien ne doit vous empêcher de faire connaître à Mr Vercruysse la correspondance que nous avons eue ensemble et les ouvertures déjà faites auprès de Mgr l’Evêque. Le terrain est préparé, et la tâche de Mr Vercruysse facilitée; priez ce digne Monsieur de ne pas se présenter à l’Evêché le Mercredi matin; c’est alors que se réunit le conseil épiscopal. Les meilleures heures de la journée pour Mgr l’Evêque, celles où il est le plus libre, sont de 2 à 5 h. de l’après-midi.p2Réponse à votre postulatum.[3]
Jube, domne, benedicere[4] i.e. Jube tibipsi me benedicere,[5] commandez-vous à vous-même de me bénir. L’ancienne liturgie a plusieurs phrases analogues.
“Ainsi parmi les Grecs, pour avertir les fidèles de se lever et de se tenir debout, le diacre ou le maître de cérémonie ne leur dit pas: Levez-vous, mais seulement: Commandez, jubete, comme s’il leur disait: commandez-vous à vous-mêmes de vous tenir debout. On voit aussi anciennement dans l’Eglise latine que le diacre, qui avertissait deux ou trois fois, pendant le service divin, de se tenir en silence, disait indifféremment: Tenez-vous en silence, faites silence, habete silentium, facite silentium, ou bien: Jubete silentium, commandez le silence, comme pour leur dire plus respectueusement: Imposez-vous silence, commandez-vous à vous-mêmes de demeurer en silence; c’est aussi ce qui fait dire à Pierre de Damien que cette expression, commandez de bénir, est une marque de respect et d’humilité, parce qu’on parle au prêtre comme s’il devait commander à quelqu’un de faire ce qu’on lui demande”.
(Le Brun. Explication des prières et des cérémonies de la Messe, Paris, 1829, pp. 176, 177.)







