Je me suis donné bien du mal pour obtenir l’autorisation de traduire et de publier l’œuvre de Dom Jacques Long, je veux dire l’histoire de la chartreuse de Shene-Nieuport.[1] J’ai dû faire plusieurs courses au Couvent anglais, écrire trois lettres à la supérieure et une quatrième au Révérend Père Morris, en résidence à Manresa House, à Roehampton.[2] Ce savant religieux ayant jadis conçu le projet de publier en entier le manuscrit de notre Chartreux, les Dames Anglaises ont exigé qu’au préalable je consultasse le Révérend Père Morris, pour m’assurer de ses intentions. Ce dernier vient de me répondre qu’il lui était impossible, du moins en ce moment, de donner suite à son projet, et qu’il applaudissait des deux mains à l’ œuvre que je comptais entreprendre. Cette réponse a levé tous les obstacles, et la supérieure du Couvent anglais vient de m’octroyer aujourd’hui la faveur sollicitée. Voilà l’histoire du manuscrit et l’explication de mon long silence.
Avant de vous envoyer le précieux manuscrit de Dom Long, je vous prie de me dire, en toute franchise, si vous persistez dans votre résolution d’en traduire une partie, soit environ 150 pages, de 25 lignes chacune. Je sais que vous êtes chargé d’un ministère fort laborieux, et que votre savante Loquela absorbe ce qui vous reste de loisirs. Pourrez-vous assumer cette tâche supplémentaire, et, dans l’affirmative, combien de temps vous prendrait approximativement cette besogne? Il me faut ajouter que la Société d’Emulation ne rétribue pas ses collaborateurs, et leur offre, pour toute récompense, quelques exemplaires de leurs travaux. Cette perspective vous sourit-elle? J’attends votrep2réponse. Si elle est favorable, je vous ferai tenir le manuscrit de Long, Mercredi prochain, par l’entremise de Mr Eugène Van Damme, en ayant soin de vous indiquer les parties à traduire.
Je suis toujours en retard de vous procurer les renseignements, que vous m’avez demandés sur Ste Wilgeforte; mais je suis incroyablement embesogné par suite de la correction des dernières feuilles de mon travail,[3] que je voudrais faire paraître avant le nouvel an, correction qui prend tout le temps libre, dont je dispose. Vous savez, n’est-ce pas, que les Bollandistes[4] ont traité de S. Wilgeforte, au tome V. de Juillet (pp. 50-70)? On y trouve d’anciennes images de la sainte, des détails sur son culte en Allemagne, Belgique, etc. Les Acta SS.[5] doivent se trouver à la bibliothèque Goethals.
P.S. Je vous serais supérieurement reconnaissant, si vous pouviez m’obtenir en communication l’original de la lettre[6] de Dom Hilarion Robinet, général des Chartreux, adressée à Messire Lauwereyns de Diepenheede, lettre dont vous avez inséré une traduction dans Rond den Heerd, an. 1869, p. 368.[7] Cette lettre doit vous avoir été communiquée par le père (aujourd’hui décédé) de M. l’Avocat Guillaume Maertens-De Foor (demeurant aujourd’hui rue d’Ostende). Votre famille ayant eu des relations avec celle de Maertens,[8] une demande de votre part aboutirait certainement. Cette lettre est précieuse, et je voudrais en insérer le texte dans l’Introduction de notre travail,[9] où il faudra parler des alliances existant entre nos familles nobles et celle de Hardevust[10] ou de S. Bruno. Tout à vous.







