Pourrais-je, croyez-vous, m’adresser a Monseigneur, pour lui demander une faveur pour les filles de l’Enfant Jesus dont je suis le Directeur?[1] Elles habitent une maison qui a couté une somme énorme et dont l’entretien coute beaucoup. Elles ne songent nullement à quitter cette maison, étant toujours menacées par les evenements au France. Elles ont dans le temps tenu quelques vieilles pensionnaires; plusieurs sont mortes, la derniere a quitté depuis bientot un an. On a mis des réclames dans plusieurs journaux Francais et Belges. Rien ne vient, absolument rien. Cette situation n’est pas favorable, et ce serait, je crois, une bonne chose, si les cheres soeurs, qui sont au nombre de trois, auraient une oeuvre quelconque: elles ont été préparées à cela par leur éducation reli-
p2gieuse. Mais à qui, a quoi se dévouer? Est-ce qu’elles ne pourraient pas demander à leur Mère générale qu’elle leur envoie quelques orphelines Françaises, à élever chez elles, afin d’avoir enfin de nouveau quelque chose à faire? Les consœurs, vieilles, malades, usés, qui habitent le chateau de Moorseele, mettent, depuis quelque temps, deux heures le matin et autant le soir, à enseigner la coûture a des filles pauvres du village; cela marche parfaitement, parait-il. Il me semble, sauf meilleur avis, que si à Courtrai, les trois soeurs valides, avaient quelque orphelines par example, a élever, cela n’en serait que mieux pour elles, et ne porterait ombrage a personne. Voulez vous, s’il vous plait, y songer et me donner avant tout votre charitable avis, dans cette affaire, je vous en serais bien reconnaissant.







