Merci pour votre intéressante carte.[1] J’ai adressé un second exemplaire de ma petite étude sur Marc d’Aviano à Mr Ferdinand Vanderhaeghen, et l’ai accompagné d’une lettre, où je lui demande quelques renseignements sur les trouvailles nouvelles, que vous signalez à mon attention.[2]
Vous voilà déjà “compère et compagnon” avec Mr Vanderhaeghen; j’en suis fort heureux. Les relations nouées seront profitables à tous deux.
J’ai un petit reproche à me faire à votre endroit. Il y a cinq ans, vous avez consenti, sur ma demande, à traduire l’histoire manuscrite de la Chartreuse de Nieuport, par Dom Jacques Long.[3] Nul plus que vous n’est capable de mener ce travail à bonne fin, et vous l’avez assez prouvé par la traduction du chapitre consacré à la Chartreuse de Shene.
Mais vous êtes surchargé de travail, criblé de besogne. Vos épaules ont à porterp2le fardeau d’un lourd ministère; Loquela nécessite des études et des recherches, qui rempliraient une vie d’homme, et vous voilà maintenant académicien,[4] par-dessus le marché, forcé de faire d’assez fréquents voyages et de trouver des heures disponibles, vous qui n’avez plus même des minutes à perdre.
Voulez-vous que je vous délie de votre promesse? J’ai ici à Bruges sous la main une personne[5] qui entend fort bien l’anglais et se chargerait volontiers de continuer et d’achever à bref délai l’œuvre commencée.
Je ne voudrais pas vous causer une ombre de peine en vous enlevant un travail, auquel vous attachez du prix; mais, d’autre part aussi, je ne voudrais pour rien au monde que vous vous surmeniez pour moi et que vous vous rendiez malade.
Parlez-moi donc franchement et à cœur ouvert. Si vous agréez ma proposition, confiez le Manuscrit à M. Van Damme, ou, mieux encore, retournez-le moi, comme petit paquet, le port restant à ma charge.
J’attends une prompte reponse.p3Merci pour votre Huldebetoog.







